Histoire de Contrisson

Nom et étymologie.

Suivant les époques considérées, le nom du village de Contrisson ne s'est pas toujours écrit de la même manière.

Dans un cartulaire de l' l'abbaye de Jandeures portant la date de 1126, cette commune est désignée Contreson. En 1180 elle est connue sous le nom de Contressuns et en 1219 sous celui de Contressons.

Au XIIIe siècle, elles est inscrite sur les registres de la chambre des comptes de Bar, Contrixons, puis dans un cartulaire de Jeand'heures daté de 1238 Apud Gondrissons; enfin Contressonnum (Regestrum tullensis dioececis beneficiarum 1402), Contrissonum (Pouillé, 1711, 1749 et Notice de Dom Calmet, 1756).

depuis 1607, époque à laquelle remontent les actes de l'état civil, jusqu'à ce jour, le nom de ce village a toujours été orthographié Contrisson. Tout porte à croire que Contrissonum est bien la désignation latine de Contrisson.

L'étymologie de Contrisson, bien que n'étant pas certaine, permet, d'après les traditions, de supposer que ce nom lui vient de son emplacement à proximité de la rivière de Saulx, d'où l'appellation de Contre-Saulx, et par corruption, Contreson, puis Contrisson.

Par dérision, les habitants d'un village voisin (Andernay) surnomment ceux de Contrisson sous le sobriquet de Humeçons).

Ecarts et maisons isolées dépendant de la commune.

-1° la ferme du faux-miroir, située à 3.500 mètres du village dans la direction nord-est, comprend, sur le territoire de Contrisson : 35 hectares de terres labourables, 30 hectares de prés et 56 hectares de bois.

Cette ferme, placée sur le ruisseau de Sereinval et sur le chemin d'intérêt commun n° 3, de Revigny à Mognéville, appartient à M. Poriquet; elle compte indépendamment du régisseur et de sa famille, trois domestiques employés à l'exploitation du sol et à l'entretien du bétail.

Cette ferme est très ancienne ainsi que l'atteste la note qui suit : " Au nombre des dépenses faites par Perrin de Lamothe cellérier du château Bas, on remarque "la délivrance d'un muid, deux setiers d'orge faite à Jean d'Erize, gouverneur de popey, pour semence, pour semer en lettant dou Fou Mireux pour la saison, l'an 1370."

L'etang du Faux-Miroir, d'après les archives de Bar, était alors une dépendance du gagnage de Sereinval et il en porte même quelquefois le nom. La maison ou ferme de Sereinval se trouvait sur le territoire de Vassincourt (Victor Servais).

En 1813, les habitants de Vassincourt et de Revigny ayant prétendu avoir des droits sur ce domaine, le Conseil municipal de Contrisson revendiqua cette propriété par la délibération suivante :


Origine de la commune.

L'origine de Contrisson n'est point connue; bien qu'on puisse supposer cette localité très ancienne, on ne peut cependant la faire remonter au temps de l'occupation des Gaules par les Romains; elle ne daterait guère que du Moyen âge.

En effet, les fouilles faites, tant dans l'intérieur du village que sur le finage de cette commune et les excavations pratiquées en différents points, n'ont jamais fait découvrir les traces de substructions antiques.

Une seule sépulture ayant ce caractère a été découverte lors des fouilles entreprises pour la construction du canal de la Marne au Rhin. Près du bois de Braux, on a trouvé: un cimier de casque, entièrement rouillé et déformé; une lame de grande épée gauloise; on suppose que ces débris proviennet des hordes d'Attila, qu'il amena jusque dans les plaines catalauniques. On peut encore examiner ces débris, ainsi que des fragments de poterie et autres, au musée de Bar où ils sont déposés.

Une ferme aurait, paraît-il, existé dans cette contrée, ainsi qu'une tuilerie et leur destruction, par les Suédois, remonterait à 1640. Les restes souterrains d'une maison et d'un four trouvés dans les environs du chemin de la Haute-Borne font croire que ces ruines sont celles d'une ancienne maison forestière, car, autrefois, les contrées avoisinantes étaient entièrement boisées.

Moyen-âge.

Les documents relatifs à la période du Moyen-âge ne sont pas nombreux; cependant ils prouvent l'existence de cette commune avant le XIIe siècle.

En 1126, il est fait mention de Contrisson dans un cartulaire de l'abbaye de Jeand'heures. Une charte de la même abbaye concernant la nomination des prêtres à Contrisson porte l'année 1170. A l'époque précitée, Bernard, abbé de Jeand'heures, qui succéda à Bède, obtint de Pierre, évêque de Toul, la cure de Contrisson.

A une date antérieure, 1147, une charte de Henri, évêque de Toul, porte que Renaud, comte de Bar, a donné aux religieux de trois-Fontaines (Marne): trois fauchées de prés dans le breuil de Contrisson et autant dans le bois qu'ils en voudraient convertir; par cette même charte, Charles-Albert, de saint-Lumier, moine de la dite abbaye, donne deux fauchées de prés situés sur le territoire de Contrisson, laquelle donation est confirmée par le dit seigneur.

En 1240, une transaction pour un pré, en débat, est passée entre l'abbaye de Jeand'heures et Jean Le Bègue, de Contrisson "Il est fait paix en telle matière que Jean Le Bègue tiendra ce pré tout le temps de sa vie et rendra chaque an XII deniers de reconnaissance à payer le jour de la fête de saint Jean-Baptiste, et après son décès reviendra à l'abbé et au couvent de Jeand'heures".

Des lettres de notification en date de janvier 1241, délivrées par le doyen de Neuville, déclarent que Richer (Cléricus), de Contrisson a pour le salut de son âme, de celle de son frère et de ses proches, donné à l'abbaye, sur le finage d'Andernay. Par le même acte, Richer, neveu du précédent, approuve la donation et tous deux s'engagent à la protéger contre tout empêchement.

Emeline, dame de Muscey, en vue du salut de son âme, concède, en 1248, en toute propriété, aux religieux de trois-Fontaines, les prés qu'elle possède entre Contrisson et Revigny, au lieu appelé Terre-Morte.

Contrisson est désigné dans l'acte de foi et hommage que Henri III, comte de Bar, fit au roi Philippe le Bel, à Bruges. L'abbaye et couvent de Jeand'heures fait, en 1281, l'acquisition d'une maison et d'une grange sises à Contrisson, près du cimetière, appartenant à Jehennes et à sa femme Isabelle.

En 1332, perrin de Muscey, écuyer, reconnaît tenir foi et hommage ligement d'Edouard, comte de Bar, tout ce qui dépend de la seigneurie du dit Muscey à Contrisson et ailleurs. Poinces, fils de Thiébaut Hazards, écuyer, reconnaît en 1341, par lettre, tenir fief et hommage de Henri, comte de Bar, ce qu'il a sur le finage de Contrisson

Il est fait, en 1361, par Jean Massart, au droit duquel est l'abbaye de Jeand'heures, l'acquisition de plusieurs pièces de terre sises sur le territoire de Contrisson et appartenent à Endeline, femme de feu Colet Michelet, du dit Contrisson, le tout pour la somme de 1.200 florins d'or que la dite Endeline a eu et reçu et s'en tient pour bien payée.

Acquêt fait, en 1381, par Jean de Mognéville, curé de Contrisson, d'un jour et demi de terre appartenet à Jean Litorelz, d'Andernay, pour la somme de 15 francs et 7 gros et demi tournois.

L'acquêt sus dit a été agréé, en 1383, par le seigneur de Contrisson.

1381, acquêt d'un jour de terre au finage de Remennecourt par Grand Colot, appartenant à Massart, de Revigny, au lieu dit "Giraupré", pour 22 écus.

1386, acquêt de plusieurs pièces de terre fait par Grand Colot, appartenant à Jehan, dit le Bouchas de Contrisson, pour la somme de 4 francs d'or.

1388, acquêt de quelques pièces de terre fait par Grand Colot à Jean le Bouchas, de Contrisson, moyennant 3 francs et demi d'or.

1396, acquisition d'une place, d'un meix, sis au pâquis, par Pierre de Chancenay, appartenant à Philippin, de Contrisson et à Hersent, sa femme, pour 5 francs d'or et 5 sols.

Même date, acquêt d'une maison et d'un jardin par Pierre de Chancenay, demeurant à Contrisson, et appartenant à Jehan le Chassus et à Jehenne, sa femme, sis sur le Pâquis, moyennant 9 francs d'or.

Même date, acquêt de 47 verges de terre fait par Jean le Maingnien, appartenant à Anchelot, d'Andernay, au champ Thiesson, pour 4 francs d'or et 2 gros tournois vieil argent.

1424 acquêt de 40 verges fait par Grand Colot, appartenant à Jean Petitcolot, moyennant 22 gros tournois.

De 1427 à 1447, Jean le Lorrain, fils de feu Grand Colot, fait, à divers propriétaires, l'acquisition d'un grand nombre de parcelles de terre dont nous ne voyons nullement l'intérêt de mentionner.

En 1448, Jean le Lorrain fait aux abbés et religieux de Jeand'heures une donation de 2 muids de grain, moitié froment, moitié orge.

" Par cette donation, Jean le Lorrain, filz de feu le Grand Colot, de Contrisson, à présent demorant à Revigny, lequel a reconnu que lui..... de dévotion; considérant que les biens de l'âme doivent être préférez à ceulx du corps, voulant de son pouvoir pourveoir au salut et remède de son âme et des âmes de ses père et mère et bienfaiteurs: pour ces causes et autres, donne et aulmonne par ces présentes et par pur et irrévocable don fait entre les vifs, aux religieux, abbé et couvent de Jeand'heures la quantité de trois muids de blez par moitié froment et l'autre orge, moyennant perpétuellement chaque semaine de l'an une messe et à chacun des quatre temps de l'an, messe, vigiles haultes à note et les recommandises de mors pour les abus et remède de l'âme du dit recongnoissant des père et mère et bienfaiteurs".

En 1449, il est fait un démembrement des héritages assignés pour le paiement des trois muids par Jean le Lorrain.

En 1450, l'abbaye amortit la donation faite par Jean le Lorrain des trois muids de grains.

Temps modernes.

-1478, acquêt de 3 fauchées de prés fait par Hochedet, curé de Contrisson, moyennant 7 francs en principal et 6 gros en vin.

1478, acquêt de 2 fauchées de pré fait par frère François, abbé du monastère et abbaye de Jeand'heures, appartenant à Constant de Braux, au lieu dit les Haroussarts, pour 17 francs et demi.

1481, acquêt d'un cinquième dans une maison et gagnage de Jean le Lorrain, fait par les abbé et religieux de Jeand'heures, séans en la ville de Contrisson, moyennant 55 francs en principal, et un franc au vin.

En 1497, Ogier, abbé de Cheminon, s'oblige à faire célébrer, annuellement en son église, une messe solennelle à l'intention du duc René II, en reconnaissance de ce que ce prince lui avait donné quelques héritages amortis, situés és finages d'Andernay et de Contrisson

1503, acquêt du gagnage Morisot par les vénérables abbé et couvent de Notre-Dame de Jeand'heures, moyennant 3 francs.

1506, acquêt d'une partie du gagnage de J. le Lorrain que détenait Morizot, moyennant 48 francs.

1524, acquêt par les abbé et religieux de Jeand'heures, de tel part et portion que Morizot avait dans le gagnage de J. le Lorrain, moyennant 80 francs.

1539, acquêt d'une part et portion que Jean Jacquot, Etienne Françoise et Quentin avaient dans le gagnage de J. le Lorrain, moyennant 120 francs.

1592, ratification d'une vente de part du gagnage le Lorrain faite à Henri la Londre.

1604, l'abbé de Jeand'heures vend à Jean Jacquot, le jeune, laboureur à Contrisson, une maison, rue du Pâquis, pour 250 francs barrois.

1609, bail passé par les religieux de Jeand'heures à Martin Arragon d'un gagnage consistant en : maison, terre, pré et chènevière, pour 10 muids de grain moitié froment, moitié avoine.

1616, les abbés de Jeand'heures laissent à bail à honorable homme Martin Arragon, maieur de Contrisson et y demeurant, un gagnage consistant en: 61 journées tant terres labourables que pré appelé le Gagnage le Lorrain, et une maison et dépendances, sises en la rue du Pâquis, pour 9 années à raison de: 10 muids par moitié froment et avoine, 2 chapons et livres de cire.

1618, Alexandre de Longeville, abbé de Jeand'heures, vend à Nicolas de Baudet, une maison et place masure, sises au village de Contrisson, rue du Pâquiss, pour 700 francs barrois.

1621, bail consenti, à Nicolas Dubois, du breuil et des 7 fauchées.

Le breuil comprend: 6 journels, 80 verges tant terres labourables, prés, que gravière; les 7 fauchées forment 3 journels 86 verges.

Ces pièces de terre sont laissées, pour 19 années consécutives, moyennant la somme annuelle de 50 francs barrois.

Un échange et une transaction sont passés, en 1623, entre les abbé, prieur et religieux de J'eand'heures d'une part et Jean Aubriot, de Sermaize, d'autre part, au sujet du breuil.

En 1636, l'abbaye de Jeand'heures laisse par bail, à Claude Dubois, pour 6 années, un petit gagnage consistant en 30 journaux et deux pièces de terre (le breuil et la terre des 7 fauchées), moyennant 9 muids de froment et orge.

1641, bail passé de la ferme du gagnage Morizot, pour 6 années, à André Dubois.

1647, bail des dîmes de Contrisson, pour 3 années, à André Dubois, à raison de 4 muids de blef et 4 muids d'orge, mesure de Bar, par an.

1651, bail au profit de R.-P. Louis-François, curé de Contrisson, du gagnage des abbé et religieux de Jeand'heures.

Plusieurs échanges sont faits en 1650, 1651, 1652, 1677, 1680 entre Louis François et le sieur Lescamoussier.

En 1661 et 1663, acquêt par L. François de plusieurs pièces de terre.

1690, bail du gagnage Morizot pour 6 années, moyennant 8 muids et demi moitié froment, moitié orge.

1701, le gagnage Morizot est laissé à François pour 8 muids et demi.

En 1704, plusieurs pièces de vigne sont laissées, à cens annuel et perpétuel, non rachetable par l'abbaye, à divers propriétaires de Contrisson.

En 1709, 1710, 1711, 1712, 1713, 1714, 1715, 1716, 1717, 1718 et 1719, le P. Norbert Guillaume fait l'acquisition de nombreuses parcelles de terre.

En 1710 et 1719, Jean griffon, l'aîné, prend à bail le gagnage le Lorrain moyennant 9 muids.

En 1723, le même gagnage est laissé à Jean et Antoine Godard, pour 600 livres tournois.

1753, les mêmes propriétés sont prises à bail pour 9 années par Prudent Guillaume, Claude Châtel et Jean Godard, moyennant 340 boisseaux de blé et autant d'orge. La grange dîmeresse avec les dîmes est estimée 200 paires. Le même bail est repris en 1767, par Prudent Guillaume, aussi pour 340 boisseaux.

En 1753 et en 1769, le gagnage le breuil est loué 120 boisseaux de blé et 120 boisseaux d'orge.

Le gagnage le Lorrain, appartenant à l'abbaye de Jeand'heures, comprenait, en 1761 (pied terrier): Roie de la Coire et Varenne-devant-Braux: 2.330 verges; - Roie de la Daval: 1.810 verges; - Roie de la Grande-Varenne et Damon: 1.820 verges.

Les religieux possédaient, en outre, disséminés sur tout le territoire de Contrisson, 48 journaux 41 verges (pied-terrier de 1768).

Les seigneurs de Contrisson étaient, en 1782: 1° Charles-François-Nicolas Chanot de Battel, seigneur en partie des dîmes inféodées de Contrisson; 2° Jean-Antoine Colin, seigneur en partie de Contrisson; 3° Antoine de Maillet; 4° Sébastien Longeau, de Préville; 5° François-Louis Valet.

Jusqu'en 1789, trois potences ont existé à la limite des territoires de Contrisson et Remennecourt, au lieu dit: "la Potence". Ces trois potences servaient à l'exécution des ordres du marquis de Choisy, lequel avait droit de haute justice sur ses sujets de Contrisson, tandis que Charles-Bernard Colin n'avait sur ceux-ci que le droit de moyenne et basse justice.

Gabriel de Choisy, marquis de Mognéville, avait, par un contrat daté du 13 décembre 1784, fait l'achat, de concert avec Jean-Antoine Colin, de Contrisson, des droits utiles et honorifiques de la justice de Contrisson.

Epoque contemporaine.

Nous n'avons trouvé, dans les archives de la commune, aucune trace relative à l'envahissement du territoire de Contrisson en 1815 par l'armée russe, bien qu'il soit certain que des cosaques fussent passés et même aient séjournés dans cette localité.

Lorsque la déclaration de guerre entre la France et l'Allemagne éclata, les habitants furent vivement impréssionnés car ils se doutaient bien que leurs récoltes seraient saccagées par le passage des troupes et que des réquisitions répétées les améneraient, en les privant des ressources de toute nature dont ils disposaient, à subir bien des peines et bien des ennuis.

Dès le 15 août 1870, un régiment de chasseurs d'Afrique et un détachement d'artillerie, faisant partie de l'aemée de Mac-Mahon, se repliaient sur Châlons en suivant la route n°1 de Bar à Sermaize.

Le 19, un escadron du 5e hussards campe à Contrisson.

Le 21, des soldats de toute arme passent isolément à Contrisson et sur la ligne ferrée. Ces hommes qui faisaient partie de l'armée de Mac-Mahon, dont la désagrégation venait d'avoir lieu à Reischoffen, se rendaient au camp de Châlons.

Le 22 août, un détachement composé de 22 lanciers bavarrois fait son entrée à Contrisson, à sa suite arrive un escadron de hussards de la mort, pistolet au poing; le commandant, homme dur et arrogant, insulte les autorités et menace les habitants d'opérer un pillage en règle, s'ils ne livraient point, dans le délai de deux heures, les provisions de toute sorte qu'il réclamait.

Vers le soir, un détachement de différentes troupes prend position sur les ponts du canal, la ligne ferrée, les routes et les chemins.

Le 23, il est passé un corps d'armée prussien évalué à 140.000 hommes.

Le 24, vers onze heures, arrive une brigade de Wurtembourgeois (général Scartoff) accompagnée d'un régiment d'artillerie, d'un convoi d'ambulance et de diverses troupes: c'est alors qu'eut lieu un pillage régulier: toutes les maisons furent visitées par un peloton, commandé par un officier, qui fit main basse sur tout ce qui pouvait lui convenir.

Indépendamment des hommes de troupe, les habitants eurent à loger 450 chevaux. Cette troupe (véritables brigands) partit le 26 et le 27 pour se rendre à Sedan.

Les réquisitions, pendant ce court intervalle, se montèrent à : 22 vaches, 9 chevaux, 12 porcs, 1.200 kil. d'avoine, 1.200 litres de vin, 2.000 kil. de pain et 22 voitures.

Par ordre supérieur, les habitants furent contraints de fournir et de transporter à Bar-le-Duc, à des époques déterminées, des marchandises diverses dont le montant fut évalué à 9.000 francs.

La contribution mensuelle, imposée à la commune, est fixée à 1.868 francs. Par une proclamation, en date du 5 septembre, le gouverneur général de Lorraine, résidant à Nancy, informe le maire qu'à dater du 1er août la perception des contributions directes, fixées d'après les lois françaises et de celles qui y ont rapport indirectement, de quelque dénomination qu'elles soient, est provisoirement suspendue dans toutes les parties de la France occupée par les troupes allemandes.

En remplacement de tous ces droits divers il n'y aura, dit la proclamation, qu'une seule contribution directe composée: 1° de la somme des contributions directes fixées pour l'année 1870; 2° de la somme du produit des droits d'enregistrement, du timbre et des contributions indirectes, non compris le revenu du tabac, du sel et de la poudre. Le maire aura à percevoir, dans les premiers jours du mois, un douzième qui devra être versé au maire du canton, qui, de son côté, opérera le versement à la caisse générale, établie au chef lieu de chaque département.

Nous attendons que les maires, ainsi que les contribuables, donneront suite à ces décrets en évitant toute résistance et qu'ils ne nous forceront pas à des mesures rigoureuses prévues par les lois de la guerre en cas de désobéissance.-Signé : De Bonin.

Le 8 septembre, les membres du conseil municipal et les douze plus imposés de la commune décident: 1° toutes les fournitures en pain, vin, viande morte, vivante ou salée, café, sel, cigarres, foin, avoine et autres, seront payées sur la production de mémoires des fournisseurs ou reçus dûment constatés par l'autorité locale ou militaire; 2° le montant de la dépense sera pris soit sur les revenus comunaux, soit par imposition extraordinaire au marc le franc des contributions et, au besoin, par aliénation d'immeubles communaux et ce à défaut de ressources du département ou de l'état.

Au commencement de septembre, de nombreux soldats français, échappés de Sedan, passent à Contrisson déguisés en ouvriers; ils se dirigent vers Chaumont et Langres.

Le 16, une colonne d'infanterie prussienne de 1.000 hommes stationne à Contrisson: les habitants sont contraints de les loger, de les nourrir et de satifaire à tous leurs besoins.

Le 22, 200 Saxons arrivent à dix heures du soir et logent chez les habitants: les chefs sont intraitables et réquisitionnent de nombreuses voitures.

Le 24, à six heures du soir, circule la première locomotive prussienne sur la ligne de Paris à Avricourt, avant cette date, les chevaux réquisitionnés traînaient les wagons.

Le 29 septembre, le maire reçoit du commandant de place de Bar-le-Duc la lettre suivante:

" Vous trouverez ci-joint un avis que je vous prie de faire afficher immédiatement. En même temps, je vous invite à envoyer à la gare de Bar-le-Duc, tous les 15 jours, cinq des habitants les plus honorables de votre commune pour que je puisse faire accompagner par eux les différents trains de chemin de fer jusqu'à la prochaine étape. Deux d'entre eux devront se rendre à l'endroit indiqué à 5 heures du matin et les trois autres à 4 heures précises de l'après-midi. Il s me présenteront un certificat du maire constatant leur qualité.

Votre commune aura à payer une amende de 100 francs pour chaque personne qui manquera au nombre indiqué".

Le 30 eut lieu le premier départ des notables de Contrisson désignés pour accompagner les locomotives allemandes. Tous les hommes valides, payant 30 francs de contributions, furent tour à tour réquisitionnés dans ce but. De plus, la commune dut fournir toutes les nuits deux hommes, munis de lanternes, pour accompagner les patrouilles allemandes chargées de surveiller la ligne ferrée et un gardien à chaque passage à niveau.

Le 18 octobre, le commissaire Olberg avise la commune qu'elle est imposée d'une contribution de 22.287 francs.

Il est pris, pour base de la répartition, deux fois et trois quarts le montant de la contribution, sauf à modifier ce chiffre s'il y a lieu.

Le 5 novembre, une colonne composée de 450 Hessois (cavalerie) loge à Contrisson. Le 8, même mois, 4 escadrons de hulans séjournent dans la commune. A partir de ce moment, les habitants n'eurent plus à héberger de troupes ennemies.

Par une lettre datée du 3 février 1871, le Préfet impérial de la Meuse, von Bethmann-Holweg, en se référant à son avis du 27 janvier, informe le maire que, répartition faite de la contribution de guerre extraordinaire de 10.000.000, la part de la commune de Contrisson s'éléve à 5.328 francs. Cette somme doit être payée sans délai à la caisse départementale.

Aucune réclamation ne sera accueillie, dit la lettre, et cet avis sera immédiatement suivi de l'exécution militaire aux frais de la commune.

Pour l'année 1871, la contribution fut fixée à 41.257 francs, le marc le franc est porté à 4 fr.10.

Le 12 février 1871, la commune devait verser 3.439 francs de contributions, plus 215 francs pour couverture.

Le 16 du même mois, 2.611 francs ont été versés pour indemnité due à la marine marchande et aux allemands expulsés de France; le lendemain 753 francs furent payés pour indemnités de solde pendant l'amnistie: quant à la somme imposée à la commune pour la rupture du pont de Fontenoy, elle ne fut pas versée: le traité de paix ayant eu lieu quelques jours après la demande de versement.

En mai 1871, le montant des emprunts s'élevait à 5.138fr.40.

Le 30 juin 1871, la commune devait:

Total des emprunts: 5.138 fr. 40; - total des sommes dues aux fournisseurs: 1.108 fr. 15;- pour réquisitions en nature: 20.854 fr. 84; - pour réquisitions forcées et objets enlevés:10.129 fr. 80. - Total général: 37.231 fr. 19.

Le conseil vote 0 fr. 35 additionnels aux quatre contributions pendant 12 ans et décide de créer 370 obligations remboursables par voie de tirage au sort et produisant 5 0/0 d'intérêt.

Le 6 décembre 1871, la commune reçoit une allocation de 10.938 francs pour indemnités et pertes éprouvées pendant la guerre.

Il est accordé: aux propriétaires qui ont fourni des animaux: chevaux, boeufs, moutons, etc., une remise de 60 0/0, soit au total: 5.264 fr. 65; - aux habitants qui ont procuré des marchandises: 2.568 fr.; - à trois fournisseurs: 1.074 fr. 25.

La commune se réserve, pour l'acquit des dépenses occasionnées par la guerre et qu'elle a prises à sa charge 2.031 fr. 10.

En février 1873, la commune reçoit une somme de 3.404 fr. 86 accordée aux contribuables en déduction des contributions allemandes payées par eux; plus celle de 586 fr. 45 touchée en trop par la commune; plus enfin celle de 853 fr. 81 versée par les contribuables pour dépenses de l'instruction primaire: total 4.845 fr. 12.

Le 20 février 1874, une indemnité de guerre de 7.105 francs accordée à la commune sert au remboursement de 17 obligations émises en 1871.

Dans sa session de février 1883, le conseil vote, pour le remboursement des obligations restant en circulation, la somme de 2.200 francs.

En somme les dettes éprouvées par la commune, pendant la guerre 1870 - 1871, ont été évaluées et admises par la commission départementale à la somme de 69.307 fr. 84; l'évaluation faite par le Conseil municipal se montait à 71.809 francs, non compris les frais de nourriture des hommes et des chevaux de troupe allemande.

Pour comble de malheur, l'année 1870 - 1871 a été très funeste aux habitants: les froids ayant été excessifs, bon nombre de champs de blé ont du être retournés.